On est en 2026 et l’IA est partout. Dans les posts Instagram, dans les newsletters, dans les affiches, dans les présentations. Et pourtant… quelque chose cloche. Tu le sens toi aussi, non ? Ce petit « hum » quand tu scrolles et que tu tombes sur un contenu qui pourrait venir de n’importe qui.
C’est exactement ce dont je voulais te parler aujourd’hui. Pas pour critiquer l’IA — j’ai déjà fait ça dans l’épisode précédent du podcast ! — mais pour te donner des outils concrets pour créer avec l’IA en restant toi-même.
Le vrai problème : on prompt sans savoir qui on est
La majorité des gens qui utilisent l’IA font la même chose : ils prennent une situation du quotidien, tapent une demande vague, et copient-collent le résultat. Résultat ? Du contenu générique, des visuels qui se ressemblent tous, des textes qui pourraient appartenir à n’importe qui.
Le manque de pensée critique est le premier problème. L’IA n’a pas la vérité. Elle reproduit des patterns, des biais, des moyennes. Et si tu ne lui donnes pas de « toi », elle te donnera de la moyenne.
Ma méthode en 5 étapes
Étape 1 — L’inventaire de soi
Avant d’ouvrir ChatGPT, Midjourney ou n’importe quel autre outil, pose-toi cette question simple : Qui suis-je ? Pas en termes philosophiques, mais de façon très concrète :
- Comment j’écris ? (long, court, ligne par ligne, paragraphes ?)
- Quelles couleurs me représentent ?
- Quels mots j’utilise souvent ?
- Quelles sont mes références visuelles ?
- Qu’est-ce que j’aime ? Qu’est-ce que je refuse absolument ?
Tout ça — tes anciens articles, tes photos, tes créations passées — c’est ton inventaire. C’est la matière première que tu vas donner à l’IA pour qu’elle t’apprenne toi, et pas une version moyenne du monde.
Tu peux même demander à l’IA de t’aider dans cette étape en lui disant :
« Je veux définir mon identité de marque personnelle. Pose-moi 10 questions pour m’y aider. »
Mais l’essentiel, c’est toi qui le produis.
Étape 2 — Le brief humain avant de prompter
Un prompt, c’est rarement plus d’un paragraphe. Un brief, c’est tout autre chose.
Dans le monde artistique, un brief détaille le projet sous toutes ses coutures : qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi. C’est ce que tu dois faire avant de prompter. Pas pour l’IA uniquement — pour toi d’abord. Parce qu’écrire un brief t’oblige à clarifier ce que tu veux vraiment.
Si tu travailles sur une affiche, par exemple : quelles couleurs ? Quel message principal ? Quelle émotion tu veux transmettre ? Ce que tu ne veux pas voir ? Ce brief, c’est ton ancre. Sans lui, l’IA va partir dans le sens qu’elle veut — et toi, tu te retrouves à des années-lumière de ce que tu imaginais.
Étape 3 — Le prompt comme signature
Une fois ton inventaire et ton brief prêts, ton prompt devient naturellement plus riche. La clé : y ajouter des éléments ultra spécifiques et non standards.
Donne-lui ton portfolio. Tes références. Tes extraits d’écriture. Tes couleurs exactes. Un prompt avec de la personnalité, c’est un prompt qui a de l’âme.
Étape 4 — L’itération guidée
Le premier résultat n’est jamais le dernier. L’itération, c’est l’art de continuer à dialoguer avec l’IA pour la guider vers ce que tu veux vraiment. Et c’est souvent là que mes élèves abandonnent, parce que l’IA « part dans un sens qu’ils ne voulaient pas ».
La plupart du temps, le problème vient du prompt initial trop vague. Plus tu es précis·e dès le départ, moins tu devras corriger. N’hésite pas à demander des variantes, à dire ce que tu n’t aimes pas, à répéter ce que tu ne veux pas.
Étape 5 — La touche humaine finale
C’est la cerise sur le gâteau. L’étape que peu de gens font et qui fait toute la différence.
Tu as une police de caractères que tu utilises depuis des années ? Ajoute-la au résultat final. Tu as pris une photo ce week-end qui capture parfaitement l’ambiance que tu cherches ? Soumets-la à l’IA comme référence. Tu as dessiné l’ordre des éléments sur une feuille de papier ? Prends-la en photo, envoie-la.
Ces petits détails — tes textures, tes photos, ta typographie — c’est ce qui fait qu’un contenu créé avec l’IA devient ton contenu.
Ce qui me fait vibrer, c’est l’authenticité
Je pense à Blink, le livre de Malcolm Gladwell. Sa thèse centrale : on sait instinctivement, en une fraction de seconde, quand quelque chose sonne faux. Pour un faux sac de luxe, pour une histoire inventée, pour du contenu IA générique.
80% de ce qui nous touche dans un contenu, c’est l’humain qui transpire dedans. Les couleurs qui correspondent vraiment à l’univers de quelqu’un. Une analogie née d’une vraie expérience de vie. Des émotions universelles portées par une histoire personnelle.
L’IA est très forte pour imiter tout ça. Mais elle ne peut pas le créer vraiment, parce qu’elle ne ressent pas. Elle ne se souvient pas d’un moment qui lui a serré le cœur. Elle ne peut pas te raconter l’été où tout a changé.
La question à te poser à chaque fois
Avant de prompter, avant de lancer un projet avec l’IA, pose-toi cette question :
« Est-ce que je sais véritablement ce que je veux ? »
Et commence par la page blanche. Avant l’IA, avant les réseaux. Parce que c’est là, dans ce vide d’abord inconfortable, que ta voix existe vraiment.
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