Ce sujet mérite un épisode entier sur le podcast — mais l’inspiration m’est venue à l’écrit ce matin. Et comme j’aime à le répéter : lorsque l’inspiration arrive, il faut la suivre.
Vendredi matin, réveil avec une impulsion
Le matin, du vendredi 27 février, je me réveille avec une envie irrépressible d’écrire. En fond sonore : ABBA — The Winner Takes It All, Dancing Queen, Mamma Mia. Un « faux » café bien chaud – je teste pas mal d’alternatives en ce moment. Et les images de la cérémonie des César de la veille qui tournent encore dans ma tête.
C’est ça, l’expérience humaine. Celle que je veux vous raconter aujourd’hui.
Ce qui s’est passé aux César
Hier soir sur Canal+, la cérémonie des César a une nouvelle fois mis le sujet de l’Intelligence Artificielle sur la table. Techniciens, intermittents du spectacle, personnalités du cinéma — beaucoup ont pris la parole pour critiquer le gouvernement et, avec lui, l’IA. Le message dominant était clair : faisons barrage aux grands de la Tech et à l’Intelligence Artificielle.
Je comprends la colère. Je comprends la peur. Mais je ne peux pas adhérer à cette conclusion.
Parce qu’interdire n’est jamais la solution. N’oublions pas l’esprit de 68 : il est interdit d’interdire. Fermer les yeux, rejeter en bloc, construire des murs — ça n’a jamais fait avancer les choses. Et l’histoire nous le prouve à chaque révolution technologique.
Ce film dont on parlait hier soir ? Il n’a pas été créé par l’IA. Il a été créé par « 80 humains passionnés, artistes, artisans… ». C’est beau, et c’est important de le rappeler. Mais ce rappel ne devrait pas se transformer en guerre.
L’IA n’est pas l’ennemi. Nous le sommes parfois pour nous-mêmes.
On critique beaucoup l’Intelligence Artificielle. Surtout les artistes, et je les entends. Mais l’ennemi n’est pas l’outil. L’ennemi, c’est l’usage qu’on en fait. Et surtout, c’est notre rapport à nous-mêmes.
L’IA ne va pas remplacer l’expérience humaine. Elle l’imite à merveille, je vous l’accorde. Mais je ne me suis jamais retrouvée en larmes devant une œuvre générée par une machine. L’émotion vraie, celle qui traverse, celle qui reste — elle vient de quelqu’un qui a vécu, qui a souffert, qui a aimé, qui a choisi chaque mot ou chaque trait avec intention.
Ce que l’IA peut générer, c’est du contenu standardisé. On le voit partout sur les réseaux sociaux : les posts se ressemblent, les visuels aussi. Seul le message diffère — heureusement. Et encore, on espère qu’il reste un soupçon d’expérience humaine derrière.
Quand j’utilise l’IA, c’est pour synthétiser, corriger, challenger ce que j’ai déjà créé. Comme pour cet article. Ce sont mes mots sur ce clavier. Pas ceux d’une machine. L’IA peut me relire, me poser des questions, me dire si je suis claire. Mais elle ne choisit pas les mots à ma place. Et c’est là toute la nuance.
The Artist’s Way et la créativité retrouvée
Il y a un livre qui m’a profondément aidée : The Artist’s Way de Julia Cameron.

Pendant longtemps, je me suis cachée derrière une casquette, une spécialité, un outil. Coach, formatrice, créatrice de contenu — des étiquettes utiles, mais qui me faisaient oublier quelque chose d’essentiel : je suis une artiste. J’ai toujours voulu écrire des histoires, créer, dessiner. Ce blog est né de cette volonté-là.
The Artist’s Way m’a aidée à débloquer cette créativité qui sommeille en chacun de nous. Et, paradoxalement, il m’a aussi aidée à prendre mes distances avec les réseaux sociaux — parce que j’ai réalisé que YouTube, Instagram et tout le reste bloquaient ma créativité au lieu de la nourrir.
Trop de choix tue le choix. C’est une évidence. Et c’est bien là le mal de notre siècle.
J’ai récemment décidé de quitter YouTube. J’avais un abonnement Premium pour éviter les publicités. Je l’ai arrêté, et j’ai choisi de tester un mois sans la plateforme. Pour ma veille sur l’IA, je m’appuie désormais sur des podcasts. Le FOMO existe toujours — mais il se gère.
Créateurs ou consommateurs : de quel côté es-tu ?
On ne parle pas assez de ça. Sur les réseaux sociaux, il y a deux profils très distincts.
D’un côté, ceux qui créent — souvent dans le contrôle, dans l’action, parfois même trop. De l’autre, les consommateurs purs, qui ne publient jamais rien et passent 4 à 6 heures par jour à scroller. C’est énorme quand on y pense vraiment.
Et pendant ce temps, Meta, Google, les géants de la tech — ils engrangent des milliards. Avec notre temps. Avec notre attention. Si vous pouviez voir en temps réel l’argent que vous générez pour ces plateformes en y passant du temps, peut-être consommeriez-vous différemment.
Le juste milieu ? Créer autant qu’on consomme. Idéalement, davantage. Tout le monde devrait être créateur à sa façon — pas nécessairement pour avoir des abonnés, mais pour retrouver sa voix intérieure. Celle qui a envie de jouer, de s’exprimer, d’exister au-delà d’un écran.
L’IA est le même trou noir que les réseaux sociaux si on n’y prend pas garde. Les rois de la tech veulent une seule chose : que vous passiez du temps sur leurs plateformes. Parce que votre temps, pour eux, c’est de l’argent. Se former, comprendre les outils, connaître ses propres limites — c’est ça la vraie souveraineté numérique.
Ce que je veux vous laisser
Je continue à créer sur papier, sur ma tablette. Je continue à écrire. À composer. À dessiner. Rien ne remplacera cela — sans aucun doute.
Et lorsque j’utilise l’IA, je le dis, je le signe, je le communique. Parce que la transparence, c’est aussi une forme de respect — pour vous, et pour moi-même.
L’Intelligence Artificielle n’est pas notre ennemi. Elle est un outil comme un autre. C’est notre rapport à nous-mêmes et à ces machines qui mérite notre attention. Notre voix intérieure. Notre désir de créer.
Ça, aucune machine ne peut le faire à notre place.
Et cet article ? Il est né d’une impulsion, un vendredi matin, en écoutant de la musique et en sirotant du café. C’est ça, le plaisir de créer.
Illustration : réalisée par moi-même sur Procreate (2025-2026)
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