Tu l’as encore fait ce matin. Tu as ouvert ton ordinateur, plein·e d’intentions. Aujourd’hui, tu allais enfin commencer ce projet qui te fait vibrer depuis des mois.
Et puis… rien.
La page est restée blanche. Le fichier non créé. L’idée bien rangée dans un coin de ta tête, attendant patiemment que tu lui ouvres la porte.
Peut-être que tu t’es dit : « De toute façon, l’IA fait déjà ça en 10 secondes. À quoi bon ? »
Tu n’es pas seul·e. Et surtout, tu n’es pas en retard.
Tu es exactement là où tu dois être pour commencer ton voyage créatif.
🎯 Le paradoxe du créateur moderne
Nous vivons une époque fascinante. De plus en plus de créateurs et inspirants entrepreneurs admettent ne pas oser publier leur travail à cause du syndrome de l’imposteur. Et avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, ce chiffre ne fait qu’augmenter.
En France, 73% des gens (selon l’étude Ipsos de janvier 2025) disent avoir peur de l’IA – le taux le plus élevé au monde. Et pourtant, 89% l’ont essayé, 31% l’utilisent régulièrement, et 33% l’ont utilisée en 2024.
Tu vois le paradoxe ?
On a peur, mais on l’utilise quand même. Et cette dissonance cognitive nous paralyse :
- D’un côté : « Je devrais l’utiliser, tout le monde le fait »
- De l’autre : « Si je l’utilise, est-ce que c’est encore MOI qui crée ? »
Cette paralysie a un nom. Steven Pressfield l’appelle la Résistance.
Et il dit quelque chose de très puissant :
« La Résistance est inversement proportionnelle à l’amour. Plus tu aimes quelque chose, plus tu vas ressentir de la Résistance à le faire. »
Autrement dit : si tu as peur de créer ce projet, c’est parce qu’il compte pour toi.
Pas la preuve que tu n’es pas capable.
La preuve que c’est important.
✨ Les idées sont vivantes (et elles te choisissent)
Dans son livre Big Magic, Elizabeth Gilbert partage une vision qui a complètement transformé ma relation à la créativité :
« Les idées passent leur temps à chercher la collaboration humaine la plus disponible. »
Les idées ne nous appartiennent pas. Elles existent quelque part dans l’univers et cherchent un humain disponible pour les incarner.
C’est magnifique… et terrifiant.
Parce que ça veut dire que si tu dis « non » à cette idée, elle ira frapper chez quelqu’un d’autre.
L’histoire de Liz et Ann
Elizabeth Gilbert raconte qu’elle avait une idée pour un roman. Elle l’a nourrie pendant des mois. Mais elle ne l’a jamais écrite. La vie, les obligations, la peur…
Un jour, elle rencontre Ann Patchett dans une soirée. Elles parlent. Et Ann commence à décrire le roman qu’elle est en train d’écrire.
Liz reste bouche bée.
C’est EXACTEMENT le même roman. La même histoire. Les mêmes personnages. Tout.
L’idée avait quitté Liz Gilbert… et était allée frapper chez Ann Patchett.
Alors, quelle est la vraie question ?
La question n’est pas : « Suis-je assez bon·ne pour créer ça ? »
La question est : « Suis-je disponible pour accueillir cette idée ? »
Et aujourd’hui, avec l’IA, beaucoup d’entre nous répondent « non ».
Mais voilà ce que l’IA ne peut PAS faire :
- Elle ne peut pas créer avec TON vécu
- Elle ne peut pas créer avec TES émotions
- Elle ne peut pas créer avec TA vulnérabilité
L’IA peut générer du contenu.
Mais elle ne peut pas générer du SENS.
Et le sens, ça vient de toi.
🚗 La peur peut venir avec toi (mais elle ne conduit pas)
Parlons franchement : même si tu comprends intellectuellement que ton idée t’a choisi·e, la peur sera toujours là.
Et c’est normal.
Elizabeth Gilbert ne te dira jamais de « surmonter ta peur » ou d’être « courageux·se ». Elle propose quelque chose de beaucoup plus sage :
« La peur peut venir avec nous dans la voiture, mais elle ne conduit pas. »
Imagine : la peur s’assoit à l’arrière. Elle parle. Elle te dit : « Attention, et si tu échoues ? Et si les gens te jugent ? Et si ce n’est pas assez bien ? »
Mais toi, tu tiens le volant.
Toi, tu choisis la direction. Ta direction.
Le courage, ce n’est pas l’absence de peur.
C’est créer MALGRÉ la peur.
Plus tu vas créer, plus tu vas réaliser que la peur diminue. Pas parce qu’elle disparaît, mais parce que tu apprends à ne plus l’écouter.
🔍 Les deux voix : apprendre à les distinguer
Il y a deux voix en toi. Apprends à les reconnaître.
✨ Le désir authentique
Il sonne comme ça :
- « Je veux créer ça parce que ça me fait vibrer »
- « Même si personne ne le voit, je veux que ça existe »
- « Je suis curieux·se de voir ce qui va émerger »
→ C’est une énergie d’expansion, de générosité, de curiosité.
😰 La peur du jugement
Elle sonne comme ça :
- « Et si les gens pensent que c’est nul ? »
- « Qui suis-je pour créer ça ? »
- « L’IA fait déjà mieux, à quoi bon ? »
→ C’est une énergie de contraction, de protection, de comparaison.
Le test d’Elizabeth Gilbert :
« Est-ce que je mourrais si je ne créais pas ça ? »
Si la réponse est « non »… alors pourquoi ne pas le créer juste pour le plaisir ?
Parce que la créativité, ce n’est pas une question de vie ou de mort. Ce n’est pas devenir célèbre ou gagner de l’argent.
C’est une question d’être vivant·e.
🤖 L’IA : miroir, pas concurrent
Maintenant, parlons de l’éléphant dans la pièce : l’intelligence artificielle.
Trois révélations essentielles
Révélation #1 : L’IA amplifie ce qui était déjà là
Si tu as peur de ne pas être assez bon·ne, l’IA devient la preuve ultime que tu avais raison.
Mais en vérité, elle ne crée pas cette peur. Elle la révèle.
Ta peur existait avant l’IA. Elle vient juste de trouver un nouveau visage.
Révélation #2 : Tu te compares à une machine qui ne doute jamais
L’IA produit avec assurance. Toi, tu crées avec vulnérabilité.
Et devine quoi ? C’est précisément ta vulnérabilité qui rend ton travail humain, vivant, précieux.
L’IA ne se pose jamais la question : « Est-ce que c’est juste ? Est-ce que ça a du sens ? »
Toi, si.
Et c’est ton doute qui est la preuve que tu es engagé·e dans quelque chose qui compte.
Révélation #3 : L’IA teste ta relation avec la création
Voilà la vraie question que l’IA te pose :
Pourquoi crées-tu ?
- Si tu crées pour le résultat → oui, l’IA gagne. Elle produit plus vite.
- Mais si tu crées pour l’ACTE lui-même → l’IA ne peut pas gagner.
Parce qu’elle ne VIT pas ce que tu vis.
🌳 L’histoire de l’arbre
Laisse-moi te raconter l’histoire de Sophie.
Sophie était graphiste. Quand Midjourney est sorti, elle a arrêté de dessiner. « À quoi bon dessiner à la main pendant des heures ? »
Un jour, après avoir lu Big Magic, elle a pris ses crayons.
Elle a dessiné un arbre.
C’était bancal. Imparfait. L’IA aurait fait « mieux » en 10 secondes.
Mais en dessinant, Sophie a RESSENTI chaque branche.
Elle a respiré l’arbre. Elle l’a vécu.
L’IA peut générer un arbre.
Mais elle ne VIT pas l’arbre.
Sophie, si.
Et c’est ça qui compte.
🛠️ 3 outils pratiques pour cette semaine
✍️ Outil #1 : Les 3 Questions de l’Appel Créatif
Prends une feuille et réponds à :
1. Qu’est-ce qui me fait vibrer ?
(Pas ce qui me rendrait riche, mais ce qui me fait sentir vivant·e)
2. Qu’est-ce que je créerais si personne ne regardait ?
(C’est là que se trouve ton désir authentique)
3. Qu’est-ce que la peur me dit exactement ?
(Écris les phrases. Une fois écrites, elles perdent leur pouvoir)
💌 Outil #2 : Le Contrat avec la Peur
Écris une lettre à ta peur :
« Chère Peur,
Tu peux venir avec moi dans ce projet créatif.
Mais voici les règles :
• Tu ne votes pas sur mes décisions
• Tu ne touches pas au volant
• Tu ne choisis pas la musique
Tu peux parler. Je t’écouterai.
Mais je ne t’obéirai pas.
Signé : Moi, le·la créateur·rice »
🤝 Outil #3 : L’IA comme Sparring Partner
- Prends ton idée créative (même floue)
- Demande à l’IA : « Brainstorme avec moi 10 angles pour explorer [ton idée] »
- Lis les résultats
- Observe tes réactions : « Ah non, pas comme ça ! »
- Tu viens de découvrir ce que TU veux vraiment
L’IA révèle ce qui est uniquement tien en te montrant aussi ce qui ne l’est pas.
🌅 Ta pratique Morning Pages cette semaine
Chaque matin pendant 7 jours :
- Avant de regarder ton téléphone, ouvre un cahier
- Écris pendant 10 minutes sans t’arrêter
- Commence par : « Si je n’avais pas peur, je créerais… »
- Laisse couler sans censure
- Ferme le cahier sans relire
L’idée va commencer à te parler plus clairement.
🎯 Ton engagement de la semaine
Choisis UNE petite action en réponse à ton appel créatif :
- Écrire 5 minutes sur ton idée
- Dessiner un croquis
- Enregistrer une note vocale
- Créer un dossier avec le nom de ton projet
N’importe quoi. Mais quelque chose.
Parce que l’idée qui t’a choisi·e attend que tu lui ouvres la porte.
💫 Ce qu’il faut retenir
✓ Les idées te choisissent (elles n’attendront pas éternellement)
✓ La peur peut venir, mais c’est toi qui conduis – c’est toi qui prends la décision finale.
✓ L’IA révèle tes blocages, elle ne les crée pas
✓ Ton doute est la preuve que ce que tu fais compte
✓ Crée pour l’amour du geste, pas pour être « le meilleur »
🎙️ Écoute l’épisode complet
Tu veux aller plus loin ? Cet article est tiré du premier épisode de ma série podcast sur le processus créatif à l’ère de l’IA.
Dans l’épisode audio, tu trouveras :
- Des méditations guidées pour te reconnecter à ton appel créatif
- Des histoires inspirantes de créateurs qui ont dépassé leurs peurs
- Une ambiance sonore conçue pour t’accompagner dans ta réflexion
→ Écouter l’épisode maintenant
💬 Et toi ?
Quelle est l’idée qui t’a choisi·e ?
Partage-la en commentaire, ou simplement avec une personne de confiance.
Parce qu’une idée qui est partagée… commence déjà à prendre vie.
📚 Ressources mentionnées
- Big Magic par Elizabeth Gilbert
- The War of Art par Steven Pressfield
- Bird by Bird par Anne Lamott
🌊 La suite du voyage
Cet article fait partie de la série « Le Voyage du Créateur à l’ère de l’IA » – une exploration du processus créatif croisant le Flow, le Syndrome Imposteur et l’Intelligence Artificielle.
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2 commentaires sur “L’Appel créatif : Pourquoi tu veux créer (et pourquoi tu ne le fais pas)”