C’est tout de même surprenant.
Nous sommes passés d’une époque où réaliser de grandes choses par soi-même en si peu de temps pouvait nous tourmenter — difficile alors de s’accorder le crédit d’une réussite après un travail acharné. Aujourd’hui, nous nous dirigeons vers une ère où un simple prompt peut donner un résultat équivalent à ce que produirait un humain en plusieurs heures, voire plusieurs jours de travail, mais sans le point de vue, ni l’étincelle originale.
Devant ChatGPT, j’ai tapé quelques lignes. Deux minutes plus tard, un texte structuré, cohérent, presque prêt à publier. Ce qui m’aurait pris deux heures. Mon premier réflexe ? Pas de la joie. Plutôt une question lancinante : « Si l’IA fait ça si bien, quelle est ma valeur ? »
Si vous vous êtes déjà posé cette question, vous n’êtes ni seul·e ni en train de devenir fou·folle. Vous vivez simplement le nouveau visage du syndrome de l’imposteur — celui qui a muté avec l’arrivée de l’intelligence artificielle.
Le Syndrome de l’Imposteur : D’Hier à Aujourd’hui
En 1978, deux psychologues, Pauline Clance et Suzanne Imes, identifiaient pour la première fois le « syndrome de l’imposteur » chez des femmes hautement qualifiées. À l’époque, on pensait que c’était principalement une affaire de genre et de minorités.
Aujourd’hui ? 70% de la population mondiale l’expérimenterait au moins une fois dans sa vie.
Ce n’est plus un phénomène de niche. C’est devenu universel, et il s’intensifie. Les jeunes professionnels (18-24 ans) sont les plus touchés (73%), suivis des managers et des cadres. En France, 66% des femmes managers en souffrent, contre 60% des hommes.
Mais surtout, quelque chose a changé. Le monde va très vite. Trop vite. On se sent vite dépassé·e, et on a du mal à distinguer ce qui relève de la chance et ce qui révèle nos véritables compétences. En France, on est peut-être encore plus pudiques que les anglophones pour en parler, mais heureusement, la vague actuelle mène à plus de partages sur le sujet.
Et puis il y a l’IA. Le nouveau catalyseur.
Quand l’IA Amplifie le Doute
L’intelligence artificielle ne fait pas qu’augmenter notre productivité. Elle agit comme un amplificateur du syndrome de l’imposteur.
Le Paradoxe de la Performance Augmentée
Vous performez mieux. Objectivement. Vos résultats sont plus rapides, plus propres, plus impressionnants. Mais vous doutez plus profondément.
C’est ce qu’on appelle la dissonance cognitive : votre réussite est devenue « facile », donc vous perdez le sens de l’accomplissement. Si ChatGPT le fait en 10 secondes, pourquoi vous en 10 heures ? L’IA crée des standards inhumains. Et vous vous demandez : « Est-ce vraiment MOI qui accomplis ce travail, ou l’IA ? »
La Crise d’Identité Professionnelle
Cette question n’est pas anodine. Elle touche à quelque chose de plus profond : votre identité professionnelle. Qui êtes-vous, en tant que professionnel·le, si l’IA fait « mieux » que vous ? L’anxiété de l’obsolescence s’installe : « Vais-je devenir inutile ? »
Si vous êtes du type Expert (selon la typologie de Valerie Young), vous vous sentez probablement obsolète face à la base de données infinie de l’IA. Si vous êtes Génie Naturel, vous interprétez la difficulté d’une tâche — résolue instantanément par l’IA — comme une preuve que vous n’êtes pas vraiment « intelligent·e ». Et si vous êtes Soliste, chaque fois que vous consultez l’IA, vous vous sentez imposteur, car c’est une forme de « demande d’aide ».
Si vous ressentez cela, vous n’êtes pas seul·e.
Et Si le Syndrome de l’Imposteur Était Votre Super-Pouvoir ?
Voici ce que la recherche révèle, et ce que mon expérience confirme : le syndrome de l’imposteur n’est pas votre ennemi. C’est un signal sain.
Le Doute Comme Radar d’Excellence
Les personnes qui doutent développent des compétences relationnelles supérieures. L’empathie. L’écoute profonde. La capacité à poser les bonnes questions. Exactement ce que l’IA ne peut pas reproduire.
Marcus Aurelius, philosophe stoïcien, écrivait : « L’obstacle est le chemin. » Votre doute ? C’est votre chemin vers l’excellence humaine.
La Redéfinition de Votre Valeur
Voici la bonne nouvelle : l’IA nous force à redéfinir ce qu’est la compétence.
Votre légitimité ne repose plus sur l’accumulation de connaissances (que l’IA gère parfaitement). Elle repose sur votre capacité à :
- Questionner : formuler les bonnes requêtes, poser les vraies questions
- Relier : faire des ponts entre disciplines, idées, humains
- Incarner : apporter authenticité, éthique, jugement situationnel
- Co-créer : collaborer intelligemment avec l’IA
- Partager : transmettre des expériences et émotions purement humaines
L’IA peut produire du contenu. Mais elle ne peut pas donner du sens. Elle ne peut pas ressentir. Elle ne peut pas relierdes points qui semblent éloignés dans votre expérience unique.
C’est vous qui le faites.
Trois Outils Concrets Pour Naviguer le Doute
1. L’Exercice de Réattribution
Chaque soir, notez 3 réussites de votre journée. Pour chacune, identifiez votre contribution spécifique, même si vous avez utilisé l’IA.
Posez-vous cette question : « Qu’est-ce que SEUL MOI pouvais apporter à ce résultat ? »
Peut-être était-ce votre intuition pour formuler la bonne question. Ou votre capacité à adapter le contenu généré à votre audience. Ou simplement votre présence humaine dans l’échange.
2. Partagez votre Processus
Ne parlez pas seulement du résultat final. Parlez de comment vous avez travaillé. Avec l’IA, oui. Mais comment avez-vous collaboré avec elle ?
Normalisez l’utilisation d’outils. Personne ne se sent imposteur en utilisant un marteau. L’IA, c’est pareil.
Créez un « cahier de bord » de vos apprentissages avec l’IA. La transparence crée la légitimité.
3. Cultivez Vos « Compétences Inimitables »
Pratiquez l’écoute profonde. L’IA peut générer des réponses, mais elle ne peut pas écouter avec présence.
Cultivez votre intuition. C’est votre radar interne, celui qui sent ce qui est juste au-delà des données.
Ancrez-vous dans votre corps. Une simple respiration profonde, trois fois par jour, pour vous rappeler : « Je suis ici. Je suis réel·le. Ma valeur est incarnée. »
Et puis, il y a le Deep Focus.
Cal Newport partage cette notion de concentration profonde (Deep Focus) qui consiste à passer suffisamment de temps sur une tâche sans se laisser distraire pour pouvoir accomplir et réaliser ses projets à grande échelle. Avec l’utilisation accrue des réseaux sociaux et des notifications sur nos téléphones, le Deep Focus est devenu une compétence rare.
On se laisse facilement distraire par notre environnement. Mais le vrai pouvoir humain ? C’est de savoir rester centré. De ne pas se laisser happer par ce que le monde — ou l’IA — attend de nous.
L’Invitation à l’Authenticité
L’intelligence artificielle nous force à revenir à l’essentiel : notre humanité.
Le syndrome de l’imposteur n’est pas un bug. C’est une invitation à redéfinir votre contribution unique. Dans un monde où l’IA génère du contenu avec une assurance absolue — même quand elle invente complètement — votre doute conscient devient une force.
Votre humilité. Votre vulnérabilité. Votre capacité à questionner. À ressentir. À relier.
C’est ça, votre valeur. Et elle est irremplaçable.
Et vous, comment l’IA réveille-t-elle votre imposteur intérieur ? Quelle compétence humaine allez-vous cultiver cette semaine ?
Pour aller plus loin : Découvrez mon programme d’accompagnement qui allie formation IA et renforcement des compétences humaines. Parce que l’avenir appartient à ceux qui savent danser avec la technologie sans perdre leur âme.
Abonnez-vous pour y accéder
Découvrez la suite de ce contenu dès aujourd’hui en vous abonnant.
Tu veux maîtriser l’IA sans perdre ta légitimité professionnelle ?
✨ 3 formations complètes
💬 Coaching WhatsApp illimité
🎓 1 masterclass par mois + Q&A
À partir de 97€/mois – Sans engagement
En savoir plus sur Je réconcilie intelligence artificielle et intelligence émotionnelle 🧘🧠
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
