L’IA ne remplacera jamais votre créativité (voici comment arrêter d’avoir peur)

L’illustration de cet article a été réalisée par mes soins sur ProCreate, c’est mon activité créative favorite : dessiner sur ma tablette.

Quand « créativité » devient un mot-piège

Ces derniers mois, j’ai remarqué quelque chose de troublant dans les formations et vidéos sur l’intelligence artificielle : tout le monde parle de « créativité artificielle ». L’IA serait créative. Elle pourrait « générer » des idées. Certains affirment même qu’elle « invente » du contenu original. Mais attendez. Ce qui est qualifié de « créatif » pour une machine ne l’est pas forcément pour moi. Et probablement pas pour vous non plus. Pour moi, le geste créatif reste profondément humain. C’est cette étincelle inexplicable. Ce petit truc qu’on ne saurait décrire autrement. Il est là, simplement. Pas forcément sur commande, mais certain rituels peuvent aider les idées à venir plus facilement. Et je comprends parfaitement pourquoi les créatifs — les artistes surtout — ressentent une peur viscérale face à cette innovation qu’est l’IA.

Une peur légitime (qu’il faut nommer)

La communauté artistique a des raisons valables d’être en colère. Des raisons qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main.

Premièrement : la question éthique. L’IA a utilisé du contenu d’artistes à leur insu pour développer ses modèles. Imaginez : votre travail, vos années d’apprentissage, votre style unique… tout cela digéré par une machine sans votre consentement, sans compensation, sans même un remerciement.

Deuxièmement : la question des droits d’auteur. Quand Sora génère des vidéos dans le style du Studio Ghibli sans respecter les droits d’origine, c’est plus qu’un problème technique. C’est une question de respect, de reconnaissance, de justice. Sur les réseaux sociaux, de nombreux artistes disent détester l’IA et refuser catégoriquement d’en entendre parler. Je les comprends. J’entends ces peurs. Il y a de quoi s’inquiéter. Cependant il faut savoir distinguer la mauvaise utilisation du bon usage de l’IA pour un créatif.

 L’IA comme miroir, pas comme substitut

Voici ce que j’ai découvert après des mois d’exploration: l’IA peut être un outil qui nous aide dans nos métiers créatifs sans pour autant remplacer l’acte créatif lui-même. Laissez-moi vous donner un exemple personnel. Écrire fait partie de mes plaisirs les plus profonds. Je ne voudrais jamais le céder à une IA. Jamais. L’acte d’écrire — chercher le mot juste, sentir le rythme d’une phrase, laisser une idée mûrir — c’est précisément ce qui me nourrit. Par contre ? M’aider à réfléchir au sujet de mon article. M’aider à structurer mes idées quand elles partent dans tous les sens. Me poser des questions qui me font explorer une piste que je n’avais pas (encore) vue. Ça, l’IA peut m’aider.

La différence est cruciale: l’IA devient un miroir qui révèle ma pensée, pas un substitut qui la remplace.

En début d’année, j’utilisais beaucoup les générateurs d’images pour brainstormer des idées et des références pour mes futures illustrations. Midjourney, entre autres. C’était fascinant. J’ai appris à prompter efficacement, à traduire mes visions en mots pour obtenir des images illustrées. Mais j’ai vite fait le tour. Aujourd’hui, je préfère la simplicité de mes références trouvées sur Pinterest. Je me laisse guider selon mon humeur. Ou mieux encore : mon album photo personnel. Dès que je vois quelque chose d’inspirant dans ma vie quotidienne, je le prends en photo. Mes promenades, mes voyages, un jeu de lumière sur la mer à Concarneau… J’ai un véritable catalogue personnel. Alors pourquoi créer d’autres images artificielles quand j’ai déjà tout ça? La question écologique m’a aussi freinée. Utiliser un modèle IA dédié uniquement aux images consomme énormément d’énergie. Pour quoi faire, finalement?

Sans l’humain, pas de créativité

Voici le message central que je veux partager avec vous : l’humain est avant tout le créateur, le créatif de l’histoire. Sans l’humain, la machine ne serait pas créative. Elle apprend à partir de données initialement créées par des humains. Oui, elle peut aider à brainstormer, à nous faire réfléchir au-delà de nos schémas habituels, à stimuler notre imagination. Mais en elle-même? Vous avez tous eu cette impression en utilisant ChatGPT: un sentiment de déjà-vu. Du contenu redondant. Des formules qui se répètent. Des tournures prévisibles. L’IA ne crée pas. Elle recombine. Elle imite. Elle assemble des patterns existants de manière nouvelle, certes, mais elle ne possède pas cette étincelle dont je parlais au début. Cette chose inexplicable qui fait qu’une œuvre nous touche. Qui fait qu’un texte résonne. Qui fait qu’une image nous arrête. Cette étincelle, c’est vous.

Comment utiliser l’IA sans perdre votre âme créative

Concrètement, comment faire pour que l’IA devienne votre alliée plutôt que votre ennemie? Voici mon approche, testée au quotidien :

1. Restez l’auteur principal Vous devez conserver la paternité de votre travail. L’IA vous assiste, elle ne crée pas à votre place. Personnellement, j’applique une règle simple : 80% de mon travail vient de moi, 20% maximum implique l’assistance de l’IA.

2. Utilisez l’IA comme un sparring partner L’IA excelle à poser des questions. À rebondir sur vos idées. À vous proposer des angles que vous n’aviez pas envisagés. Exactement comme nous le faisons en ce moment: elle structure, vous créez.

3. Gardez votre processus créatif intact Ne déléguez jamais ce qui vous fait vibrer. Si écrire vous nourrit, écrivez. Si peindre vous apaise, peignez. L’IA peut intervenir sur les aspects techniques, logistiques, organisationnels — mais jamais sur l’essence même de votre pratique créative.

4. Développez votre esprit critique Apprenez à reconnaître quand l’IA vous propose du contenu générique. Quand elle tombe dans ses propres clichés. C’est précisément là que votre regard humain devient irremplaçable.

Passez à l’action (sans pression)

Si vous avez lu jusqu’ici, vous êtes probablement curieux. Peut-être un peu inspiré. Peut-être encore un peu sceptique — et c’est parfait. Voici ce que je vous propose comme première expérience :

Choisissez une idée qui vous trotte dans la tête. Un projet créatif que vous avez en suspens. Un article que vous voulez écrire. Une illustration que vous imaginez. N’importe quoi.

Soumettez cette idée à une IA comme Claude. Pas pour qu’elle la développe à votre place. Mais pour qu’elle vous pose trois questions qui vous permettront d’explorer cette idée plus en détail. Juste trois questions.

Vous verrez : ces questions vont probablement vous surprendre. Elles vont peut-être vous agacer un peu (parce qu’elles toucheront un point que vous évitiez). Mais surtout, elles vont vous faire réfléchir différemment. C’est ça, la puissance de l’IA. Pas de remplacer votre créativité mais de la révéler, de la challenger, de l’amplifier.

L’étincelle reste vôtre

On ne le dira jamais assez: votre créativité est irremplaçable. L’IA ne connaît pas votre histoire. Elle ne ressent pas vos émotions. Elle n’a pas vécu vos échecs, vos doutes, vos petites victoires du matin. Elle ne sait pas ce que ça fait de regarder la mer un jour de tempête et d’y trouver soudain l’inspiration pour un projet. Vous, si. Et c’est précisément cette humanité — avec ses imperfections, ses hésitations, ses détours — qui fait de vous un créateur unique. L’IA peut être un outil. Un miroir. Un partenaire de réflexion. Mais l’étincelle? Elle reste vôtre.


Vous voulez aller plus loin ? Je propose des formations complètes sur l’utilisation humaniste de l’IA, où je vous montre concrètement comment intégrer ces outils dans votre processus créatif sans perdre votre authenticité. Découvrez mes formations ici. Et si cet article vous a inspiré, abonnez-vous à ma newsletter pour recevoir mes prochaines réflexions sur la créativité, l’IA et comment trouver l’équilibre entre les deux.


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