L’IA nous épuise — et personne n’en parle

Des études récentes menées aux États-Unis soulèvent quelque chose que le monde de la Tech évite soigneusement d’aborder.

Ce n’est pas une surprise pour moi. Depuis maintenant plus d’un an, je défends une approche de l’IA résolument humaniste — très éloignée du discours dominant qui célèbre la performance à tout prix. Je me positionne comme formatrice et consultante en IA humaniste : une approche qui permet de rester connecté à soi, de gagner en vraie souveraineté, sans se perdre dans l’outil.

Se former à l’IA, ce n’est pas en faire plus. C’est apprendre à s’en servir justement.


Ce qui se passe n’est pas nouveau — c’est son ampleur qui nous dépasse

Je l’ai déjà écrit : nous sommes à la fin d’un cycle, à l’entrée d’une nouvelle ère. L’IA n’est pas une révolution isolée, c’est une vague dans une longue série de transformations technologiques. Ce qui change, c’est la vitesse et l’intimité avec laquelle elle s’infiltre dans nos vies.

Je le dis souvent à mes apprenants : mon objectif n’est pas de vous convaincre d’utiliser l’IA en toute circonstance. Je suis peut-être la seule formatrice en IA à dire ça. Je propose une approche adaptative, qui ne sacrifie pas qui vous êtes.

Et j’ai remarqué quelque chose : beaucoup de personnes qui se disent farouchement contre l’IA sont les mêmes qui passent déjà des heures à scroller sur leur téléphone. Le problème n’est pas l’outil. C’est le rapport qu’on entretient avec lui.


Ce que les études révèlent — enfin

Voici ce que la recherche commence à documenter, et que j’observe depuis des mois sur le terrain :

L’IA intensifie le travail, elle ne le réduit pas. Les employés travaillent à un rythme plus soutenu, élargissent leur périmètre de tâches, allongent leurs journées — spontanément, sans y être contraints. L’IA rend le « faire plus » accessible et même gratifiant… jusqu’à ce que la surcharge s’installe silencieusement.

Le « brain fry » est un phénomène distinct du burnout. L’étude BCG (1 488 travailleurs) identifie une fatigue cognitive aiguë spécifique à l’usage intensif de l’IA : brouillard mental, maux de tête, ralentissement décisionnel. Contrairement au burnout — émotionnel et chronique — le brain fry est cognitif et immédiat. Plus difficile à détecter. Plus difficile à nommer.

La surveillance des agents IA est la forme d’usage la plus épuisante. Plus la supervision des outils IA est intensive, plus la charge mentale grimpe. À l’inverse, utiliser l’IA pour remplacer des tâches répétitives réduit le burnout — mais pas la fatigue mentale. Le type d’usage change tout.

Les frontières travail / hors-travail s’effacent. Parce que prompter une IA ressemble à « chatter », on glisse naturellement du travail dans ses pauses, ses repas, ses soirées — sans s’en rendre compte. Le repos ne restaure plus vraiment, parce que le travail est devenu ambiant.

La solution : une pratique intentionnelle, pas l’autorégulation individuelle. Sans cadre collectif, la tendance naturelle de l’IA est l’intensification. Les organisations ont la responsabilité d’instituer des pauses délibérées, du séquençage, des moments de connexion humaine — et de communiquer clairement sur ce que l’IA change réellement dans la charge de travail.


Ce que j’observe, moi, sur le terrain

Ce qui me frappe le plus, c’est que tout cela, je le vois chaque semaine. Mes apprenants et les personnes que j’accompagne individuellement sont souvent des personnalités multi-passionnées, curieuses, avides d’apprendre. Cette curiosité est une richesse. Mais sans garde-fou, l’IA peut devenir un gouffre.

Siddhant Khare, dans un article que je recommande, identifie quelque chose de particulièrement juste :

Tu n’es plus créateur — tu es devenu revieweur.

Avant l’IA : penser, créer, livrer. Après : prompter, lire, évaluer, corriger, re-prompter. Or le travail évaluatif est cognitivement épuisant là où le travail créatif génère des états de flow. C’est une transformation profonde et largement tue de la nature même de nos métiers.

Il pointe aussi le FOMO technologique — courir après chaque nouvel outil chaque semaine — comme l’un des pièges les plus épuisants et les moins rentables. Les personnes qui résistent le mieux sont celles qui ont misé sur des fondations stables plutôt que sur les outils du moment.

Et sa conclusion résonne avec tout ce que je défends :

La vraie compétence de l’ère IA, c’est savoir s’arrêter.


Mon ratio 80/20 n’est pas une posture philosophique

C’est de la santé cognitive appliquée.

Ces études confirment exactement ce que je défends depuis le début : utiliser l’IA de façon intentionnelle et consciente — pas simplement accélérer parce que c’est possible.

Et paradoxalement, dans un monde saturé d’automatisation, le stylo et le papier n’ont jamais été aussi précieux.

Pas par nostalgie. Par hygiène mentale.


Si vous vous reconnaissez dans ce que je décris — cette fatigue diffuse, ce sentiment de courir sans avancer — je vous invite à explorer mon approche. Parce que l’IA bien utilisée devrait vous libérer du temps pour être davantage vous-même. Pas vous en priver.

Prise de rendez-vous possible sur mon site camillehavis.com

Sans oublier mes formations disponibles en ligne sur le Syndrome Imposteur et sur l’Intelligence Artificielle pour pouvoir justement véritablement gagner en équilibre et souveraineté.


En savoir plus sur Je réconcilie intelligence artificielle et intelligence émotionnelle 🧘🧠

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