La Sagesse de đŸ‘» Stranger Things : DĂ©passer le Syndrome de l’Imposteur (Saison 5)

⚠ Note d’Attention

Dans cet article, j’Ă©voque des thĂšmes et rĂ©flexions tirĂ©s de la saison 5 de Stranger Things (sortie en novembre-dĂ©cembre 2025 sur Netflix). Aucun spoiler d’intrigue, mais si vous prĂ©fĂ©rez dĂ©couvrir la sĂ©rie sans aucune influence, je vous suggĂšre de revenir aprĂšs. Vous ĂȘtes prĂ©venus ! 😊


Pour une expĂ©rience complĂšte : mettez vos Ă©couteurs 🎧

Je vous invite Ă  Ă©couter « Heroes »Â de David Bowie (version Peter Gabriel) en lisant cet article. Cette chanson lĂ©gendaire accompagne parfaitement les mots qui suivent.


Retour vers 2019

Il y a six ans, juste aprĂšs la saison 3 de Stranger Things, j’avais Ă©crit un article sur cette sĂ©rie qui m’accompagne depuis 2016. Une lettre d’amour Ă  l’enfance, Ă  l’amitiĂ©, au courage. Moi qui n’aime pas les films d’horreur, qui ne suis pas fan des frissons et de l’adrĂ©naline procurĂ©e par la peur, cette sĂ©rie m’avait envoĂ»tĂ©e. Son cĂŽtĂ© nostalgique, ses rĂ©fĂ©rences infinies – de « Retour Vers Le Futur » Ă  « E.T. » – et surtout, un monologue qui m’avait profondĂ©ment touchĂ©e. Le monologue de Hopper.

 

Cette lettre qu’il avait Ă©crite pour Eleven, qu’il n’avait jamais osĂ© lui lire. Et qui parlait de quelque chose d’universel : la peur de ressentir, la peur de changer, et surtout, la peur de sortir de sa grotte. Aujourd’hui, en dĂ©cembre 2025, alors que la sĂ©rie vient de s’achever avec une cinquiĂšme saison qui a battu tous les records (59,6 millions de vues la premiĂšre semaine, la plus grosse premiĂšre de l’histoire de Netflix), je rĂ©alise que Stranger Things nous a offert bien plus qu’une histoire de monstres et d’Upside Down. Cette sĂ©rie nous a donnĂ© une masterclass sur le syndrome de l’imposteur. Et sur comment le dĂ©passer.


Sortir de la Grotte

Dans sa lettre, Hopper racontait qu’il Ă©tait restĂ© coincĂ© pendant des annĂ©es. CoincĂ© dans un endroit sombre, une caverne profonde – « a deep, dark cave » comme il dit. Il parlait de la perte de sa fille Sara. De comment cette douleur l’avait enfermĂ©, figĂ©. Il s’Ă©tait construit des murs pour ne plus rien ressentir. Puis Eleven est arrivĂ©e dans sa vie. Et il a recommencĂ© Ă  ressentir. À ĂȘtre heureux. À avoir peur aussi.

« Nos sentiments. La vĂ©ritĂ©, c’est que j’avais oubliĂ© ce que c’Ă©tait, les sentiments. J’Ă©tais coincĂ©, comme dans une grotte. Une grotte sombre et trĂšs profonde. Et un jour, j’ai laissĂ© des gaufres dans les bois, tu es alors entrĂ©e dans ma vie, et pour la premiĂšre fois depuis longtemps, j’ai redĂ©couvert les sentiments. J’ai ressenti le bonheur. »

Et puis vient ce passage magnifique :

« Quand la vie te fera souffrir, car ça arrivera, souviens-toi de la douleur. La douleur est positive. Elle signifie que tu es sortie de ta grotte. Mais je t’en prie, pour le bien de ton pauvre papa, laisse la porte entrouverte. »

C’est exactement ça, le syndrome de l’imposteur. C’est une grotte. Un endroit oĂč on se cache parce qu’on a peur. Peur de ne pas ĂȘtre assez bien, assez intelligent, assez lĂ©gitime. Peur d’ĂȘtre dĂ©couvert comme un imposteur. Alors on reste dans l’ombre. On ne prend pas la parole. On ne lance pas ce projet. On n’envoie pas ce message. On reste Ă  l’abri. Mais Ă  l’abri de quoi, exactement ? À l’abri de la vie elle-mĂȘme.


L’Homme dans l’ArĂšne

En 2019, j’avais fait le lien entre cette lettre de Hopper et une citation que BrenĂ© Brown avait popularisĂ©e. Une citation de Theodore Roosevelt, tirĂ©e d’un discours de 1910 :

« Ce n’est pas celui qui critique qui est important, ni celui qui montre du doigt comment l’homme fort trĂ©buche ou comment l’homme d’action aurait pu faire mieux. L’hommage revient Ă  celui ou Ă  celle qui se bat dans l’arĂšne, dont le visage est couvert de poussiĂšre et de sueur, qui va de l’avant vaillamment, qui commet des erreurs et commettra encore, car il n’y a pas d’efforts humains sans erreurs et imperfections. »

L’homme dans l’arĂšne. Ou la femme. Ou qui que vous soyez.Ceux qui osent. Ceux qui essaient. Ceux qui Ă©chouent et recommencent. Pas les spectateurs qui commentent depuis les gradins, Ă  l’abri. Non. Ceux qui descendent dans l’arĂšne, mĂȘme avec les genoux qui tremblent. Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce que fait chaque personnage de Stranger Things. Des gamins avec des talkies-walkies et des vĂ©los qui affrontent des forces surnaturelles. Des outsiders, des freaks, des marginaux qui deviennent des hĂ©ros. Non pas malgrĂ© leurs diffĂ©rences, mais grĂące à elles.


Ce que la Saison 5 Nous Enseigne

La saison finale nous a offert quelque chose de prĂ©cieux : une rĂ©flexion profonde sur l’acceptation de soi. Il y a un moment, un discours, qui m’a particuliĂšrement bouleversĂ©e. C’est Robin qui parle Ă  Will :

« I was looking for answers in somebody else, but I had all the answers. I just needed to stop being so goddamn scared. Scared of who I really was. Once I did that, I felt so free, it’s like I could fly. »

« Je cherchais des rĂ©ponses chez quelqu’un d’autre, mais j’avais toutes les rĂ©ponses. J’avais juste besoin d’arrĂȘter d’avoir si peur. Peur de qui j’Ă©tais vraiment. Une fois que j’ai fait ça, je me suis sentie si libre. C’Ă©tait comme si je pouvais voler. » VoilĂ . VoilĂ  exactement ce qu’est le syndrome de l’imposteur. Chercher chez les autres la validation, la permission, la lĂ©gitimitĂ©. Alors que tout est dĂ©jĂ  lĂ , en nous. On a juste tellement peur de qui on est vraiment.


Will : De Victime à Héros

L’arc de Will Byers dans cette saison finale illustre parfaitement cette transformation. Depuis le dĂ©but, Will a Ă©tĂ© le personnage le plus vulnĂ©rable, le plus sous-estimĂ©. Celui qui disparaĂźt, celui qui souffre, celui qu’on protĂšge. Matt Duffer, l’un des crĂ©ateurs de la sĂ©rie, a expliquĂ© que mĂȘme le grand antagoniste de la sĂ©rie perçoit Will « comme quelqu’un de faible, de insignifiant, d’incapable d’accomplir quoi que ce soit de grand. »


Mais c’est exactement lĂ  que rĂ©side la force de Will. Sa transformation ne vient pas de l’acquisition de nouveaux pouvoirs ou de compĂ©tences. Elle vient de l’acceptation de qui il est. Toutes les parties de lui-mĂȘme. Y compris celles qui le rendent diffĂ©rent. C’est le message de la sĂ©rie depuis le dĂ©but : les outsiders deviennent des hĂ©ros. Les freaks sauvent le monde. Vos diffĂ©rences ne sont pas vos faiblesses – ce sont vos super-pouvoirs.


La Vulnérabilité Comme Force

Vous savez ce qui rend Stranger Things si spĂ©cial ? Ce n’est pas l’Upside Down. Ce ne sont pas les Demogorgons ou Vecna. C’est l’intime au cƓur de l’Ă©pique. Shawn Levy, le producteur exĂ©cutif, l’a magnifiquement rĂ©sumĂ© :

« Sans l’intimitĂ©, l’Ă©pique n’est que du bruit et de la fureur. Mais avec elle, la consĂ©quence Ă©motionnelle de ces Ă©vĂ©nements massifs est ressentie profondĂ©ment, rendant chaque victoire et chaque perte tellement plus significatives. »

Et cette intimitĂ©, elle passe par la vulnĂ©rabilitĂ©. Par le courage de montrer ses failles. Pensez à Steve Harrington. Le garçon populaire, narcissique, superficiel de la saison 1. Celui qu’on dĂ©testait un peu. Et regardez ce qu’il est devenu : le protecteur, le « papa du groupe », celui qui conduirait une voiture Ă  travers un Demogorgon sans hĂ©siter pour protĂ©ger ceux qu’il aime. Steve n’est pas devenu quelqu’un d’autre. Il est devenu lui-mĂȘme. La version la plus authentique, la plus courageuse de lui-mĂȘme. C’est ça, grandir. C’est ça, dĂ©passer le syndrome de l’imposteur. Ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. C’est devenir plus pleinement qui vous ĂȘtes dĂ©jĂ .


Eleven et le Choix de Se DĂ©finir Soi-MĂȘme

Millie Bobby Brown a partagĂ© quelque chose de beau sur l’Ă©volution d’Eleven. Elle a dit qu’au dĂ©but, Eleven Ă©tait « comme une page blanche, parce qu’elle n’avait aucune idĂ©e de qui elle Ă©tait vraiment. »

Mais au fil des saisons, Eleven dĂ©couvre sa libertĂ©. Elle apprend Ă  prendre ses propres dĂ©cisions. À se faire confiance.

« C’est effrayant pour elle, mais ça lui donne aussi une opportunitĂ© incroyable de comprendre sa propre force. De façonner sa propre histoire. Ce n’est plus seulement rĂ©agir Ă  ce qui se passe autour d’elle, mais vraiment devenir l’actrice de sa vie. »

Et c’est exactement ce que je veux transmettre aujourd’hui. Vous n’ĂȘtes pas un imposteur qui attend d’ĂȘtre dĂ©couvert. Vous ĂȘtes quelqu’un qui est en train de se dĂ©couvrir. De se choisir. De se dĂ©finir.


Le Courage de Ressentir

Revenons Ă  Hopper un instant. David Harbour, l’acteur qui l’incarne, a parlĂ© de l’arc de rĂ©demption de son personnage. Il a dit que Hopper doit « dĂ©sapprendre certaines choses tout en chĂ©rissant d’autres comme Ă©tant sa force. »

Parce que c’est ça, la vraie peur. Ce ne sont pas les monstres. C’est de montrer qui on est vraiment et d’ĂȘtre rejetĂ©. C’est d’ouvrir son cƓur et de risquer qu’on le piĂ©tine. Mais Hopper l’a fait. Il a Ă©crit cette lettre. Il a gardĂ© la porte ouverte – « Keep the door open three inches » – mĂȘme quand c’Ă©tait terrifiant.

« Continue Ă  grandir. Ne me laisse pas t’en empĂȘcher. Fais des erreurs. Apprends d’elles. »


La Famille Qu’On Choisit

Un des thĂšmes les plus puissants de Stranger Things, c’est la « found family ». La famille qu’on ne choisit pas par le sang, mais par le cƓur. Ces gens qui vous voient, qui vous acceptent, qui vous aiment exactement comme vous ĂȘtes. Ross Duffer a dit : « Au cƓur de tout ça, c’est vraiment une sĂ©rie sur la famille. »

La relation entre Hopper et Eleven est emblématique. Deux personnes brisées qui se trouvent. Un homme qui a perdu sa fille. Une fille à qui on a volé sa mÚre. Et ensemble, ils se reconstruisent. Noah Schnapp, qui joue Will, a dit quelque chose de magnifique :

« Mon personnage ne trouve pas sa force en lui-mĂȘme, mais chez les autres. C’est en protĂ©geant sa mĂšre, Mike, ses meilleurs amis, que Will trouve vraiment la force de se battre. »

C’est peut-ĂȘtre ça, le remĂšde ultime au syndrome de l’imposteur. Pas de croire en soi tout seul dans son coin. Mais de s’entourer de gens qui croient en nous. Et de croire en eux en retour.


Ce Que les CrĂ©ateurs N’Ont Pas Vu en Eux-MĂȘmes

Il y a une anecdote que j’adore. Les frĂšres Duffer ont castĂ© leur ancienne professeure de théùtre du lycĂ©e dans la saison 5. Et Ross a dit :

« Le lycĂ©e a Ă©tĂ© difficile pour moi et mon frĂšre. Mais Hope a vu quelque chose en nous que nous ne voyions pas en nous-mĂȘmes. Elle nous a donnĂ© la confiance non seulement de survivre ces quatre annĂ©es, mais de dĂ©mĂ©nager Ă  Los Angeles et de poursuivre nos rĂȘves. »

Vous entendez ça ? Les crĂ©ateurs de l’une des sĂ©ries les plus regardĂ©es de l’histoire de la tĂ©lĂ©vision… ne voyaient pas leur propre potentiel. Ils avaient besoin que quelqu’un d’autre le voie pour eux. Ça, c’est le syndrome de l’imposteur. MĂȘme quand on a du talent. MĂȘme quand on a des idĂ©es brillantes. On ne les voit pas. On ne s’autorise pas Ă  y croire. Alors peut-ĂȘtre que vous avez besoin que quelqu’un vous dise aujourd’hui ce que Hope a dit aux frĂšres Duffer. Ce que Robin a dit Ă  Will. Ce que Hopper a dit Ă  Eleven : Tu as tout ce qu’il faut. Tu as toujours eu tout ce qu’il faut. Tu as juste besoin d’arrĂȘter d’avoir peur de qui tu es vraiment.


L’Action Comme Antidote

Matt Duffer a dit quelque chose qui rĂ©sume parfaitement l’esprit de la sĂ©rie :

« La sĂ©rie n’est jamais cynique. Elle ne vous fait jamais de clin d’Ɠil ironique. Elle regarde vers ce noyau d’innocence et comment le maintenir en grandissant, alors qu’on est assailli par tous les cauchemars du monde. »

Maintenir ce noyau d’innocence. Cette capacitĂ© Ă  croire. À espĂ©rer. À agir malgrĂ© la peur. Parce que le syndrome de l’imposteur, au fond, c’est du cynisme retournĂ© contre soi-mĂȘme. C’est cette petite voix qui dit : « Qui tu crois ĂȘtre pour oser ça ? »

C’est ce regard ironique qu’on pose sur nos propres ambitions. Mais les gamins de Stranger Things ne sont pas cyniques. Ils sont armĂ©s, d’une foi inĂ©branlable les uns envers les autres. Et ils affrontent l’impossible.


À Tous les CrĂ©ateurs et Entrepreneurs

Ce qu’il faut retenir ici, c’est l’importance de ressentir et reconnaĂźtre ses Ă©motions (les laisser passer – elles ne sont que temporaires et repartent aussi vite qu’elles ne sont arrivĂ©es). Vivre en expĂ©rimentant et non pas en imaginant les scĂ©narios dans sa tĂȘte. Être dans l’arĂšne signifie : se mettre dans une situation inconfortable, devenir vulnĂ©rable. Pour preuve, on ne peut expĂ©rimenter l’amour sans ĂȘtre vulnĂ©rable et Ă  cƓur ouvert. Alors voilĂ  mon invitation pour vous :

Sortez de la grotte.

ArrĂȘtez de chercher des rĂ©ponses chez les autres. Vous avez toutes les rĂ©ponses. Vous avez juste besoin de sortir de votre grotte.

Descendez dans l’arĂšne.

Pas parce que vous ĂȘtes sĂ»r de gagner. Mais parce que c’est lĂ  que se passe la « Vie ». Dans la poussiĂšre, la sueur, les Ă©checs et les recommencements.

Entourez-vous de votre propre « Party ».

Ces gens qui vous voient, qui croient en vous, qui vous ramĂšnent quand vous vous perdez.

Et surtout – surtout – n’oubliez pas :

Vos diffĂ©rences sont vos forces. Les outsiders deviennent des hĂ©ros. La vulnĂ©rabilitĂ© n’est pas une faiblesse, c’est un super-pouvoir.


Keep the Door Open

David Harbour a dit : « La série commence avec des enfants dans un sous-sol, et quand on quitte la série, ce ne sont plus des enfants. Ils ont grandi. Le passage du temps est souvent trÚs émouvant en soi. »

Vous aussi, vous avez grandi. Vous avez traversĂ© vos propres Upside Down. Vos propres monstres. Vos propres pertes. Et vous ĂȘtes toujours lĂ . C’est peut-ĂȘtre le moment de reconnaĂźtre que vous n’ĂȘtes pas un imposteur. Vous ĂȘtes un survivant. Un fighter. Un hĂ©ros de votre propre histoire. Je termine comme en 2019, avec les mots qui restent gravĂ©s dans mon cƓur depuis cette lettre de Hopper :

« Keep the door open. »

Gardez la porte ouverte. LĂ©gĂšrement. Juste assez pour laisser entrer la lumiĂšre. Juste assez pour rester connectĂ©. À vous-mĂȘme. Aux autres. À la vie. Et souvenez-vous : quand la vie fait mal, c’est que vous ĂȘtes sorti de la grotte. C’est que vous ĂȘtes vivant. C’est que vous osez.


đŸŽ”Â Musique recommandĂ©e : « Heroes » – David Bowie (version Peter Gabriel)


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